Un sport jeune en pleine ascension

L’escalade sportive est apparue en France dans les années 70 et s’est démocratisée au cours des années 80, en particulier grâce à la médiatisation de Patrick Edlinger. Elle fait désormais partie des sports olympiques. Représentée aux Jeux Olympiques de Buenos Aires en octobre 2018, où la France décrochait sa première médaille olympique, grâce à la prestation de Sam Avezou (en bronze, ci-dessous à l’image), l’escalade fait également partie du programme des Jeux Olympiques de 2020, à Tokyo.

L’escalade incarne en effet les valeurs de l’olympisme. Ce sport passionnant et accessible à tous, est pratiqué sur les cinq continents. La gente féminine comme les plus jeunes y sont très bien représentés, et les personnes en situation de handicap le pratiquent également. La popularité de ce sport ne cesse de croître.

From left to right, Silver Medalist Shuta Tanaka JPN, Gold Medalist Keita Dohi JPN and Bronze Medalist Sam Avezou FRA during the medal ceremony in the Sport Climbing Mens Combined Event at Parque Mujeres Argentinas, Urban Park during The Youth Olympic Games, Buenos Aires, Argentina, Wednesday 10th October 2018. Photo: Lukas Schulze for OIS/IOC. Handout image supplied by OIS/IOC

Principe de l’activité

L’escalade est une activité sportive où le pratiquant (grimpeur) doit se déplacer le long d’un support plus ou moins vertical, qui peut aller du relief naturel, à la structure artificielle. Le terrain de pratique va de blocs naturels de faibles hauteurs à des parois de plusieurs centaines de mètres, en passant par les structures artificielles d’escalade (SAE) équipés de prises modulables et colorées sur lesquelles se déroulent les compétitions.

L’objectif de l’escalade est d’atteindre le sommet de voies (itinéraires tracés et côtés  dépassant les 4 mètres de hauteurs et nécessitant un système d’assurage) ou de blocs (itinéraires tracés ne dépassant pas les 4 mètres de hauteur et nécessitant un tapis de réception), en évoluant à main nues et sans aide matérielle. Le système d’assurage n’est là que pour parer la chute et aider à la redescente.

Compétitions

A l’image de l’athlétisme ou de la gymnastique, l’escalade compte plusieurs disciplines pratiquées en compétition : le bloc, la difficulté, la vitesse et le combiné, un format qui associe les trois disciplines. C’est ce dernier qui a été choisi pour représenter l’escalade aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. La dimension « paraclimbing » permet également à des grimpeurs victimes de handicaps de pouvoir s’exprimer en compétition, aux niveaux national et international.

Ces disciplines peuvent être pratiquées en loisir ou en compétition, du niveau départemental, jusqu’au plus haut niveau mondial et disposent d’un circuit de coupes du monde annuel. A noter que des compétitions internationales sont organisées pour les catégories allant de minime à senior.

Zoom sur les disciplines de compétition

Contrairement aux idées reçues, l’objectif de l’escalade de compétition n’est pas forcément d’arriver le plus vite au sommet, comme c’est le cas pour la vitesse. En difficulté comme en bloc, l’objectif est d’aller le plus haut, car l’intensité et l’exigence des épreuves sont calculées en fonction du niveau des meilleurs grimpeurs.

Bloc

Cette discipline se pratique sur des structures d’escalade ne dépassant pas les 4 mètres de haut. Les pratiquants y grimpent sans corde ni baudrier, leurs chutes éventuelles étant sécurisées par des matelas de réception. En compétition, chaque bloc présenté est équipé de prises agencées pour former un itinéraire plus ou moins difficile, et requérant des qualités diverses : forces, technique, souplesse, coordination, etc. L’objectif est de réaliser les blocs proposés, en atteignant la prise finale, avec le moins d’essais possible et en un temps donné.

A noter que chaque bloc est unique, imaginé et monté sur place par une équipe de professionnels (les ouvreurs) les jours précédents la compétition, les blocs sont inconnus des compétiteurs avant qu’ils commencent leur circuit. Une compétition type coupe du monde se déroule en trois phases : un tour de qualification (5 blocs), une demi-finale (4 blocs) pour 20 demi-finalistes et une finale (4 blocs) pour six finalistes.

Le classement est établi selon le nombre de blocs réalisés : celui qui a réussi le plus de blocs  l’emporte. En cas d’ex-aequo, le nombre de prises de zone (prises intermédiaires situées en milieu de bloc et identifiées par un code couleur) saisies par les grimpeurs, quand  ils n’ont pas effectué le bloc en entier, entre en jeu également. Enfin, le nombre d’essais pour réaliser ces blocs est un dernier moyen de départage.

Difficulté

L’escalade de difficulté est la plus ancienne des disciplines de l’escalade. Elle se pratique sur un mur de 15 mètres de haut en moyenne, les grimpeurs sont équipés de baudrier et assurés avec une corde par un membre de l’organisation. L’objectif de la difficulté est d’aller au sommet de la voie proposée, du moins, d’aller le plus haut possible. Ici encore, les voies sont chaque fois uniques et inconnues des grimpeurs.

Durant les phases de qualifications (deux voies à effectuer), les grimpeurs ont le droit à une démonstration indiquant les méthodes et subtilités de la voie, et la possibilité de se regarder grimper les uns les autres. En revanche, durant la voie de demi-finales (26 demi-finalistes) et la voie de finale (8 finalistes), les grimpeurs ne disposent que d’un temps d’observation de la voie avant de s’y lancer, sans avoir pu observer les concurrents précédents. A noter que les grimpeurs de difficulté sont également limités par le temps (6 à 8 minutes maximum), et qu’en cas d’ex-aequo, la victoire sera décernée au plus rapide.

Vitesse

La vitesse est à l’escalade ce que le sprint est à l’athlétisme. Les grimpeurs doivent réaliser le plus rapidement possible une voie normée et tracée sur un mur très vertical de 15 mètres de haut, et équipée d’une plaque de touche au sommet, optimisant la précision et l’enregistrement des temps. Une voie officielle est homologuée. Invariable d’une compétition à l’autre, elle permet aux grimpeurs de se mesurer et d’établir des records.

La compétition se déroule en deux phases : des qualifications durant lesquelles chaque grimpeur dispose de deux essais pour établir un meilleur chrono pour tenter de se qualifier pour les phases finales. Les seize grimpeurs les plus rapides sont qualifiés pour ces phases, qui passent successivement des 8e, aux quarts, demies puis finales. Les grimpeurs s’y affrontent directement sous forme de duels sur deux voies strictement identiques, le vainqueur étant celui qui arrive en haut le premier.

Records du monde

5’’48 : record mondial établi par Reza Alipourshenazandifar (IRI).

7’’32 : record mondial féminin établi par Iuliia Kaplina (RUS), puis par la Française Anouck Jaubert.

Records de France 

5’’60 par Bassa Mawem et 7’’32 pour le record féminin détenu par Anouck Jaubert.

Combiné

L’épreuve du combiné rassemble les trois disciplines et se décompose en deux phases : qualifications et finales.

En qualification, les athlètes réalisent deux fois la voie de vitesse (seul le meillleur temps est retenu), puis quatre blocs et enfin une voie de difficulté. Ils sont ensuite classés dans chacune de ces disciplines en fonction de leurs performances respectives. Le classement est réalisé en multipliant les places des athlètes dans chaque discipline. Les six premiers grimpeurs (ceux qui possèdent le moins de points) sont qualifiés pour les phases de finales. En finale, la vitesse se déroule sous forme de duels de quarts, demies et finales, puis quatre nouveaux blocs sont proposés et enfin, à nouveau une voie de difficulté. La multiplication des places obtenues dans chaque discipline permet d’établir le classement final.   

Une activité loisir de pleine nature

Evoluant sur tous les types de rocher, le terrain de jeu des grimpeurs est immense et multiple. Il part des blocs de faible hauteur (type Fontainebleau, ne nécessitant pas d’assurage particulier) aux petites falaises de 20m ou aux vertigineuses parois de plusieurs centaines de mètres (se pratiquant encordé, avec tout le matériel d’assurage), en passant par les structures artificielles d’escalade ou par la haute montagne. L’escalade loisir, souvent orientée sur le retour à la nature, peut néanmoins se pratiquer sur tous les supports.

Escalade et santé

L’escalade est un sport qui se voit de plus en plus souvent recommandé, voire prescrit, par des médecins souhaitant apaiser certaines lombalgies de leur patient. En effet, il s’agit d’un des rares sports qui muscle le dos, non pas en compression, mais en étirement. Une caractéristique bienfaisante pour les dos douloureux. Outre une bonne musculation du dos, l’escalade est un sport très complet, qui fait travailler les membres supérieurs et inférieurs, avec à la clé un bon gainage de la sangle abdominale. Mais l’escalade est également un sport à technicité et finesse, où souplesse, équilibre et coordinations sont mis à l’honneur. 

Enfin, les aspects psychologiques de la pratique de l’escalade ne sont pas à négliger : développement de la confiance en soi (et en l’autre), analyse de la situation, anticipation, gestion de la peur, et  respect. En extérieur, l’escalade sur rocher ou en falaise offre un cadre de nature ressourçant et énergisant. 

Lexique

Assurage et sécurité :

L’escalade est un sport d’équipe, que ce soit en bloc entre le grimpeur et le pareur ou en voie à corde, entre le grimpeur et son assureur, on parle alors de cordée. Ici, la confiance et le respect de l’autre sont les maîtres mots. Tandis que le grimpeur évolue en moulinette (avec une corde déjà en place au sommet de la voie), ou en tête (en sécurisant son ascension au fur et à mesure, grâce à des points d’ancrage et des dégaines), son assureur, munis d’un système d’assurage (type 8 ou grigri) l’observe attentivement depuis le sol, prêt à retenir la chute. 

Baudrier :

Il s’agit du harnais à cuissardes qui permet au grimpeur de s’attacher à la corde et à l’assureur de fixer son système d’assurage.

Corde :

En escalade, on utilise des cordes dynamiques d’un diamètre compris entre 9.8 et 11 mm. Elles sont dotées d’une élasticité qui absorbe les chocs. Elles sont composées d’une âme généralement tressée entourées d’une gaine.

Cotation :

Le niveau d’une voie ou d’un bloc, qu’il soit en SAE ou en SNE est déterminé par une cotation (échelle de difficulté). En France, les cotations en falaise débutent à 3 et montent jusqu’à 9c. En effet, chaque degré est ensuite divisé par trois lettres, « a », « b » et « c », signifiants des degrés intermédiaires auxquelles peuvent également s’ajouter des +. Ainsi, on augmente légèrement de difficulté entre 6a, 6a+, 6b, …

Chaussons d’escalade :

Semblables à des ballerines avec une semelle en gomme, ils se portent très près du pied (parfois même une à deux pointures sous celle de vos chaussures de ville) et se prêtent donc rarement. Leur port apporte une précision et une adhérence incomparable, permettant de s’appuyer sur des prises de quelques millimètres d’épaisseur. Ils sont indispensables à la pratique de l’escalade. Essayez plusieurs paires avant de faire votre choix, car le modèle doit être bien adapté à votre pied et demandez conseils aux vendeurs, certaines marques se détendent plus que d’autres.

Source site de la FFME. Pour découvrir tout l’historique de l’escalade, c’est ici